Prisons saoudiennes : les migrants éthiopiens racontent leurs calvaires »

Prisons saoudiennes : les migrants éthiopiens racontent leurs calvaires »

Enfermés dans des cellules surpeuplées et insalubres, maltraités et battus, manquant de nourriture et de soins médicaux : des milliers de migrants éthiopiens détenus dans les prisons saoudiennes vivent dans des conditions épouvantables, au point que leur vie s’en trouve menacée. Notre Observatrice nous a alertés sur le récent décès de dix de ses compatriotes.

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Le 23 août, le consulat d’Éthiopie en Arabie saoudite a publié une liste de dix ressortissants éthiopiens morts, dont un enfant, dans le centre de rétention Al-Shumaisi, à Djeddah. Contacté par la rédaction des Observateurs de France 24, le consulat n’a pas souhaité s’exprimer sur les raisons de ces décès.

Témoignages

« Mon seul tort est que je n’ai pas de permis de séjour »

Joint par la rédaction des Observateurs, Muhammad (pseudonyme), est incarcéré dans un centre de détention près de Riyad.

Nous sommes entassés à plus de 350 personnes dans une salle. Certains sont contraints de dormir dans les toilettes au milieu des odeurs nauséabondes, à cause du manque de place. Il fait très chaud, et on reçoit très peu de nourriture, une baguette de pain par jour, servie le soir. Beaucoup tombent malades à cause de ça, ils ont des boutons, de la diarrhée, de la fièvre.

Je n’ai même pas de quoi me payer un rasoir pour me raser la barbe et les cheveux. Ils nous donnent juste une petite bouteille d’eau pour toute la journée. On est souvent obligés de boire l’eau des toilettes.

Parfois, les geôliers nous battent, quand ils découvrent par exemple que quelqu’un possède un téléphone portable. Ici, c’est l’enfer, on peut mourir.

Je suis venu ici pour travailler et aider ma famille. Mais quatre mois après mon arrivée, j’ai été arrêté et je croupis depuis dans cette prison, alors que je n’ai commis aucun crime. Mon seul tort est que je n’ai pas de permis de séjour.

La seule chose que nous demandons, c’est d’être reconduits dans notre pays le plus rapidement possible, pour sortir de ce cauchemar.

Je voudrais que les imams et les prêtres parlent de nous dans les mosquées et les églises d’Éthiopie, que les artistes et les célébrités éthiopiennes se mobilisent et dénoncent la situation dans laquelle nous vivons, dans les médias, partout.

La rédaction

La rédaction

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