Diplomatie: Tensions franco-algériennes, de la crise migratoire à la crise diplomatique

Diplomatie: Tensions franco-algériennes, de la crise migratoire à la crise diplomatique

Depuis presque deux semaine, les relations entre l’Algérie et la France connaissent une période de tensions inédite. Le ton est progressivement monté côté algérien face à de nouvelles mesures françaises concernant les visas, mais aussi aux propos d’Emmanuel Macron, relayés par Le Monde, qui ont entraîné des sanctions diplomatiques. Dernier épisode en date de l’escalade ce mardi :  un ministre français accusé de « gros mensonge » et un blocage toujours effectif de l’espace aérien algérien aux avions militaires français.

Une affaire de visas à l’origine de la crise

Le mardi 28 septembre, Gabriel Attal annonce à l’antenne d’Europe 1 que le gouvernement français a décidé de durcir les conditions d’obtention des visas à l’égard du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie. La France reproche à ces trois pays du Maghreb de freiner l’efficacité des reconduites à la frontière une fois les obligations de quitter le territoire français (OQTF) délivrées.

« C’est une décision drastique, c’est une décision inédite, mais c’est une décision rendue nécessaire par le fait que ces pays n’acceptent pas de reprendre des ressortissants que nous ne souhaitons pas et ne pouvons pas garder en France », a justifié le porte-parole du gouvernement. Les actes n’ont pas tardé à suivre. Depuis cette annonce, les délivrances de visas pour les ressortissants algériens ont baissé de 50 %.

La convocation de l’ambassadeur de la France en Algérie.

Suite à  la décision de Paris,  affectant la qualité et la fluidité de la circulation des ressortissants algériens à destination de la France,  l’Algérie convoque l’ambassadeur de France, François Gouyette, pour protester contre la réduction de l’octroi des visas.

« Cette décision qui est intervenue sans consultation préalable avec la partie algérienne comporte l’anomalie rédhibitoire d’avoir fait l’objet d’un tapage médiatique générateur de confusion et d’ambiguïté quant à ses motivations et à son champ d’application », a estimé le ministère algérien des Affaires étrangères.

La Sortie d’Emmanuel Macron sur la « rente mémorielle »

Tout a commencé le jeudi 30 septembre, lorsque le président français, Emmanuel Macron, a reçu une délégation de dix-huit jeunes gens, Français d’origine algérienne, binationaux et pour certains Algériens. Lors d’un échange avec l’un d’entre eux, Macron a lancé : “La nation algérienne post-1962 s’est construite sur une rente mémorielle”, en référence à la colonisation et à la guerre d’Algérie. Avant d’évoquer un “système politico-militaire qui s’est construit sur cette rente mémorielle”.

L’inacceptable !” : voilà ce que titre le quotidien d’État algérien L’Expression dans son édition du 3 octobre, pour qualifier ce qu’il considère être une “violente attaque du président français contre les responsables algériens” et une “digression impardonnable, qui n’a jamais été commise par aucun président français”.

La réplique diplomatique de l’Algérie

Après les propos du président Macron le samedi 02 octobre,  Le président algérien a exigé de Paris ce dimanche « un respect total de l’Etat algérien », soulignant à l’adresse d’Emmanuel Macron que « l’histoire ne peut pas être falsifiée ».

Dans la journée du 2 octobre, Alger a décidé le rappel « immédiat » de son ambassadeur à Paris, Mohamed Antar-Daoud, et, comme autre mesure de rétorsions, a interdit, dans la foulée, le survol de son territoire aux avions militaires français de l’opération antijihadiste Barkhane au Sahel.

Vers l’apaisement côté français

Mardi dernier, le président Macron a loué mardi ses bonnes relations avec son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune, et a assuré souhaiter un « apaisement » sur le sujet mémoriel entre la France et l’Algérie, appelant à « cheminer ensemble » et à « reconnaître toutes les mémoires ».

« Mon souhait, c’est qu’il y ait un apaisement parce que je pense que c’est mieux de se parler, d’avancer », a déclaré le Président dans un entretien à France Inter, appelant à « reconnaître toutes ces mémoires » de la guerre d’Algérie et leur « permettre de cohabiter ».

La rédaction

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