Criminalisation de la solidarité aux frontières: l’activiste Emilio Scalzo risque 7 ans de prison et 100.000 euros d’amende

Criminalisation de la solidarité aux frontières: l’activiste Emilio Scalzo risque 7 ans de prison et 100.000 euros d’amende

Arrêté le 15 septembre dernier à Bussoleno, suite  une mise en exécution d’un mandat d’arrêt européen émis par les autorités françaises, Emilio Scalzo, militant historique de la lutte « No TAV » et symbole de l’aide aux migrants à la frontière franco-italienne, risque 7 ans de prison et 100 000 euros d’amende. Il aurait agressé un C.R.S. au cours d’une manifestation transfrontalière en mai dernier, et encourt jusqu’à sept ans d’emprisonnement.

Inconnu en France, ce poissonnier italien de 66 ans est depuis vingt ans l’une des figures emblématiques du mouvement No TAV, né en opposition à la construction d’une ligne à grande vitesse entre Lyon et Turin. Taxé « d’infatigable » par le procureur de la République de Turin en personne, il apporte par ailleurs une aide concrète aux migrants dans la région, dernière étape, après la tristement célèbre « route des Balkans », avant d’arriver en France. Les faits qui lui sont reprochés remontent au mois de mai dernier, lors d’une manifestation transfrontalière organisée suite à l’évacuation d’une maison cantonnière à Clavière, qui portait assistance aux migrants. Emilio raconte avoir d’abord été pris à parti par des CRS alors qu’il se massait le genou, seul sur un banc en retrait du cortège… avant de riposter.

Solidarités des militants 

 

Une vingtaine de sympathisants ont installé un barnum sur le trottoir. Sur la clôture, les banderoles « Emilio a Casa » et « Extradition Rebellion » annoncent la couleur. Comme elles les sourires sont francs, les poignées de main, fermes. On est ici en famille, de celles qui parlent fort et ne courbent pas le dos. Pour la saluer, Emilio doit se contenter de passer une tête à travers le portail. Dans l’attente de l’examen du mandat d’arrêt européen émis par la France dont il fait l’objet, il lui est interdit de quitter son domicile.

Depuis son balcon de Bussoleno, qui semble bomber le torse face aux Alpes italiennes, Emilio, le regard lointain, prend son mal en patience. « Je ne suis pas un héros, juste quelqu’un qui défend ses idées bec et ongles. Je ne veux faire violence à personne, mais je ne veux pas non plus la subir ».

La rédaction

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