Libye : les autorités évacuent violemment les centaines d’exilés installés devant les locaux du HCR

Libye : les autorités évacuent violemment les centaines d’exilés installés devant les locaux du HCR

Les autorités libyennes ont évacué violemment dimanche soir près de 1 000 migrants qui campaient depuis trois mois devant les locaux du Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés à Tripoli. Ils s’y étaient massés en quête de protection. Les exilés ont été envoyés de force dans la prison d’Ain Zara.

Quelques jours seulement après la fermeture du centre de jour du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Tripoli, les autorités libyennes ont violemment évacué, dimanche 9 janvier, le campement qui s’était formé aux abords de la structure.

Près de 1 000 migrants campaient devant le CDC (Community Day Center) depuis début octobre. Ils s’étaient massés près du bureau de l’agence onusienne après des raids violents effectués par les forces de sécurité libyennes dans le quartier populaire de Gargaresh, à Tripoli. Officiellement, dans le cadre d’une vaste opération de sécurité. De nombreux logements d’exilés avaient été détruits, sept personnes avaient perdu la vie dans l’opération et 4 000 migrants avaient été arrêtés et envoyés dans les geôles de la ville.

Apeurés et dans l’angoisse de nouvelles arrestations, de nombreux exilés s’étaient donc réunis devant le centre du HCR. Beaucoup réclamaient toujours leur évacuation vers un pays tiers.

« C’est le chaos »

L’occupation devant les locaux du HCR a donc pris fin dans la nuit de dimanche à lundi, peu après minuit. « Des forces militaires et policières ont été déployées au CDC », a écrit sur Twitter le compte Refugees in Libya, administré par Yambio David Oliver, un exilé sud-soudanais vivant à Tripoli. « Les autorités ont alors donné l’ordre aux migrants de quitter les lieux, sous peine d’être placés en centre de détention », signale Caroline Gluck, porte-parole du HCR en Libye, contactée par InfoMigrants.

« La situation se transforme en massacre, des coups de feu nourris se font entendre (…) C’est le chaos », a précisé dimanche soir Yambio David Oliver sur sa page Twitter. « Plusieurs personnes, dont des femmes, ont été frappées », explique à InfoMigrants le jeune homme. Les policiers ont tiré à balles réelles sur les migrants qui tentaient de s’échapper. L’un d’eux a été blessé par un tir et est actuellement soigné à l’hôpital.

Une action similaire a été menée devant le centre d’enregistrement du HCR à Tripoli, dans le quartier de Sarraj, où s’était rassemblée une centaine de personnes.

Envoyés de force en prison

La majorité des exilés installés devant les deux structures ont été interpellés, placés de force dans des bus, et jetés dans la prison d’Ain Zara, à Tripoli. Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent des centaines de personnes entassées dans un hangar qui fait office de centre de détention.

La rédaction

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